▶️Yamoussoukro, 27 juillet 2026 – Plus qu'une simple réforme institutionnelle, la réorganisation de la Chambre nationale d'Agriculture (CNA-CI) ambitionne de faire de cette institution un véritable levier de transformation de l'agriculture ivoirienne. Réunis à Yamoussoukro pour valider le projet de décret portant sa réorganisation, les acteurs du secteur ont présenté les grandes orientations qui devront guider la nouvelle Chambre, appelée à mieux défendre les intérêts des producteurs et à accompagner les ambitions agricoles de la Côte d'Ivoire.
Pour le représentant du ministre de l'Agriculture, N'Guessan Rodrigue, la future Chambre devra être « la voix, les aspirations et les ambitions de l'ensemble des acteurs agricoles ». Elle devra également devenir une interface forte entre l'État et les producteurs afin d'accompagner la mise en œuvre du Plan national de développement (PND) 2026-2030 et du troisième Programme national d'investissement agricole (PNIA).
Cette nouvelle vision repose sur plusieurs priorités stratégiques : renforcer la souveraineté alimentaire, améliorer la compétitivité des filières agricoles, faciliter l'accès au financement, sécuriser le foncier rural, promouvoir une agriculture durable face aux effets du changement climatique, tout en accélérant la transformation locale des productions et l'amélioration des revenus des producteurs.
Le président du Comité de pilotage de la restructuration, Bamba Sindou, a expliqué que cette réforme marque une rupture avec l'ancien modèle d'organisation. Selon lui, la future Chambre abandonnera la logique de représentation territoriale au profit d'une représentation des différentes filières agricoles à travers les organisations interprofessionnelles agricoles (OIA). Ce changement vise à renforcer la légitimité des élus consulaires et à rapprocher davantage l'institution des réalités du terrain.
À l'entendre, le projet de décret doit permettre de bâtir « une Chambre plus forte, plus inclusive, plus transparente et plus proche du paysan, de l'éleveur et de l'artisan agricole ». Il ne s'agit pas seulement de modifier un cadre juridique, mais de créer une institution capable de porter les préoccupations du monde agricole dans toutes les politiques publiques.
La réforme prévoit également un renforcement de la gouvernance. Les participants sont répartis en trois commissions chargées d'examiner le cadre institutionnel, le régime financier ainsi que le plan d'actions opérationnel qui accompagnera la mise en œuvre de la nouvelle Chambre. L'objectif est d'aboutir à un texte consensuel avant son adoption par le Gouvernement.
Pour le président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Côte d'Ivoire, Faman Touré, cette réforme permettra à la Chambre nationale d'Agriculture de rejoindre les autres chambres consulaires déjà modernisées. Il estime que la Côte d'Ivoire avait besoin d'une institution agricole pleinement opérationnelle afin d'accompagner le développement du secteur privé et de soutenir les ambitions économiques du pays.
Au terme de cet atelier, les autorités espèrent doter la Côte d'Ivoire d'une Chambre nationale d'Agriculture modernisée, capable d'assurer la représentation des producteurs, de favoriser le dialogue avec les pouvoirs publics et de contribuer activement à la transformation structurelle de l'agriculture ivoirienne. Une ambition à la hauteur des défis d'un secteur qui demeure le principal moteur de l'économie nationale.