HISTORIQUE

                                     

L’HISTOIRE DE LA CREATION DES CHAMBRES D’AGRICULTURE :

Les élections du 06 Mars 1966 qui ont constitué la première Chambre d’Agriculture de Côte d’Ivoire ont marqué le 40ème anniversaire et mort de la Chambre d’Agriculture et d’Industrie.

En effet, la possibilité d’instituer des Chambres d’Agriculture et d’Industrie en Afrique Occidentale Française a été ouverte par décret du 09 Mars 1925 par Gaston DOUMERGUE.

L’organisation en fut définie par l’arrêté général du 20 Juin 1925.

La Chambre d’Agriculture et d’Industrie de Côte d’Ivoire fut instituée par l’arrêté général du 28 novembre 1925.

Les Chambres ont été réorganisées dès le 30 Juillet 1930 par un Arrêté général resté en vigueur dans ses dispositions essentielles jusqu’au décret du 09 Janvier 1964.

En application de ce décret organique, leurs attributions étaient :

–       De donner à l’Administration, les avis et renseignements qui leur sont demandés sur les questions Agricoles et Industrielles.

–        De présenter leurs vues sur les moyens d’accroitre la prospérité de l’Agriculture et de l’Industrie.

 L’avis des Chambres doit obligatoirement être demandé dans les conditions prévues pour les Chambres de Commerce à l’Article 25 de l’arrêté du 16 août 1923 qui précisait :

1°) – Sur les règlements relatifs aux usages commerciaux ;

2°) – Sur la création, dans leur circonscription, de nouvelles Chambre de Commerce, de bourses de commerce, de charges d’agents de change et de courtiers maritimes, de tribunaux de commerce, de magasins généraux et de salles de ventes publiques de marchandises neuves aux enchères et en gros, de succursales et agences de banque privilégiées, ainsi que sur la modification ou la suppression de ces organismes ;

3°) – Sur les tarifs de douane, sur les droits de consommation, sur les tarifs de patentes et, d’une manière générale, sur toutes les taxes acquittées par le commerce dans leur circonscription ;

4°) – Sur les taxes destinées à rémunérer les services de transport qui, dans leur circonscription, sont considérées par l’autorité publique ou exécutés en régie.

Il peut être, en cas d’urgence, fixé un délai maximum de quinze jours aux Chambres intéressées pour faire connaitre les avis qui leur sont ainsi demandés.

Passé ce délai, si elles n’ont pas fait connaitre leur réponse, il sera passé outre »

Les Chambres ont le droit de transmettre aux pouvoirs publics, à titre consultatif, leurs vœux sur toute matière d’intérêt Agricole ou Industriel.

Elles sont spécialement appelées par le Lieutenant-Gouverneur :

A grouper, coordonner, codifier les coutumes et usages locaux à caractère Agricole qui servent ordinairement de base aux décisions judiciaires, les usages codifiés seront soumis à l’approbation du Lieutenant-Gouverneur en conseil privé ou d’administration, un exemplaire en sera déposé et conservé au secrétariat des mairies et aux bureaux de chaque Chef-lieu de cercle pour être donné en communication à ceux qui le requerront ;

A émettre des avis sur le programme des travaux d’améliorations Agricoles entrepris tant par l’Administration que par les Sociétés indigènes de prévoyance.

L’arrêté général du 28 novembre 1925 établissait un double collège électoral, fixait le nombre des membres et la date des premières élections. Le siège de cette première Chambre d’Agriculture et d’Industrie était, par le même arrêté général, fixé dans la première (1er) ville de Côte d’Ivoire, qui était alors Grand-Bassam.

Le même texte précisait que le nombre des membres de la Chambre d’Agriculture et d’Industrie est fixé à vingt-trois (23), dont quatorze (14) titulaires et neuf (9) suppléants ainsi répartis :

  9 Membres titulaires citoyens français ;

  5 Membres titulaires sujets parlant français ;

  6 Membres suppléants citoyens français ;

  3 membres suppléants sujets parlant français.

Comme pour le Collège Electoral, les conditions à remplir sont de deux (2) ordres. C’est ainsi qu’en ce qui concerne les Citoyens Français, sont électeurs et éligibles, les chefs d’exploitations françaises Agricoles, Industrielle, d’Elevage ou Forestières, ayant entrainé l’investissement permanent dans la colonie en culture, cheptel, construction et matériel d’au moins deux-cent-mille francs CFA (200.000f CFA). Quant aux sujets français, sont électeurs, les sujets français propriétaires ruraux justifiant d’une mise en culture d’une superficie de cinquante (50) hectares minimum.

En application donc des dispositions de l’arrêté général du 28 novembre 1925, le Gouverneur LAPALLUD, par arrêté N° 221 AE du 26 février 1926, convoqua le collège Electoral pour le dimanche 28 mars 1926 afin de procéder à la Résidence de Grand-Bassam, à l’élection des membres de la première Chambre d’Agriculture et d’Industrie de Côte d’Ivoire.

La première réunion des membres élus de la Chambre d’Agriculture et d’Industrie eut lieu dans l’immeuble de la Chambre de Commerce de Grand-Bassam. Elle procéda à l’élection des membres du Bureau de cette Assemblée le 15 mai 1926.

Maître Jean CLEMENT, avocat défenseur et créateur d’une plantation de Cocotiers près de Grand-Bassam, fut alors élu Premier Président de la Chambre d’Agriculture et d’Industrie de Côte d’Ivoire.

En 1928, Monsieur Albert CLAA, exploitant forestier, lui succéda.

Au renouvellement de l’Assemblée du 20 mars 1930 qui, à la suite d’une contestation, fut suivie des élections complémentaires le 21 septembre 1930. Monsieur Olivier REINACH, planteur, était élu Président. Il démissionne en 1933 et fut remplacé par Monsieur Henri CHARPENTIER, planteur à Gagnoa. Monsieur Jean ROSE, planteur dans l’île Boulay, forte personnalité française de l’époque qui créa et anima un syndicat agricole de Côte d’Ivoire fut porté à la présidence par la nouvelle Assemblée élue en 1934.

Signalons que c’est au cours du mandat de Monsieur Jean ROSE, alors Président de la Chambre, que les membres de la Chambre d’Agriculture et d’Industrie, au cours de la séance plénière du 22 juillet 1934, décidèrent, avec l’accord du Gouverneur, de la construction de l’immeuble sis à avenue Louis Barthe et qui fut inauguré lors de l’Assemblée Générale du 29 Septembre 1935 en présence des plus hautes autorités administratives de l’époque.

C’est cet ancien immeuble à peine transformé qui abrite actuellement les bureaux de la COBAFRUIT, de la Fédération Agricole et Forestière, du Syndicat Forestier et du Syndicat des Entrepreneurs et Industriels.

Renouvelées en 1938, les élections des membres du Bureau de la Chambre d’Agriculture et d’Industrie amenèrent à la Présidence de cette Assemblée, Monsieur Albert PAYS, créateur d’une des plus importantes plantations de Café et de Cacao de la Région de Gagnoa. Monsieur PAYS décède à Abidjan en 1942.

Monsieur Roger DUBLED, Directeur de la Compagnie des Cultures de la Côte d’Ivoire, à Oumé, lui succède à la présidence, de Mai 1942 à juin 1945, date à laquelle devant rentrer en France, il démissionna.

Son successeur fut alors Pierre BONJOUR, créateur des plantations de NIEKY et le fondateur de la Fédération Bananière et Fruitière de Côte d’Ivoire devenue par la suite la Coopérative Bananière et Fruitière de la Côte d’Ivoire (COBAFRUIT) de juin 1945 à novembre 1946.

Monsieur BONJOUR devant rentrer en France pour un congé de longue durée après un séjour ininterrompu de 13 ans en Afrique Tropicale, donna sa démission.

L’Assemblée Générale de la Chambre d’Agriculture et d’Industrie, au cours de la séance du 18 octobre 1946 a élu Monsieur Raymond DESCLERCS, planteur à Kouta (Divo), Président de la Chambre d’Agriculture et d’Industrie.

Depuis cette date, Monsieur DESCLERCS fut constamment réélu jusqu’en 1966.

Le développement de la Côte d’Ivoire et notamment son développement Agricole et les nombreux problèmes posés pendant et après la guerre ont apporté des modifications profondes dans le fonctionnement de la Chambre d’Agriculture et dans son mode de d’intervention.

Primitivement la Chambre d’Agriculture était essentiellement consultée par lettre sur les projets de textes étudiés par les services administratifs.

Peu à peu, la Représentation de la Chambre d’Agriculture et d’Industrie a été instituée dans un nombre croissant d’organismes, permettant d’agir efficacement en faveur des agriculteurs, mais exigeant aussi une présence très fréquente à Abidjan de son Président.