Friday, 17 Sep 2021

▶ HISTORIQUE

Les élections du 06 Mars 1966 qui ont constitué la première Chambre d’Agriculture de Côte d’Ivoire ont marqué le 40ème anniversaire et mort de la Chambre d’Agriculture et d’Industrie.

En effet, la possibilité d’instituer des Chambres d’Agriculture et d’Industrie en Afrique Occidentale Française a été ouverte par décret du 09 Mars 1925 par Gaston DOUMERGUE.

L’organisation en fut définie par l’arrêté général du 20 Juin 1925.

La Chambre d’Agriculture et d’Industrie de Côte d’Ivoire fut instituée par l’arrêté général du 28 novembre 1925.

Les Chambres ont été réorganisées dès le 30 Juillet 1930 par un Arrêté général resté en vigueur dans ses dispositions essentielles jusqu’au décret du 09 Janvier 1964.

En application de ce décret organique, leurs attributions étaient :

–       De donner à l’Administration les avis et renseignements qui leur sont demandés sur les questions agricoles et industrielles.

–        De présenter leurs vues sur les moyens d’accroitre la prospérité de l’Agriculture et de l’Industrie.

 L’avis des Chambres doit obligatoirement être demandé dans les conditions prévues pour les Chambres de Commerce à l’Article 25 de l’arrêté du 16 août 1923 qui précisait :

1°) – Sur les règlements relatifs aux usages commerciaux ;

2°) – Sur la création, dans leur circonscription, de nouvelles Chambre de Commerce, de bourses de commerce, de charges d’agents de change et de courtiers maritimes, de tribunaux de commerce, de magasins généraux et de salles de ventes publiques de marchandises neuves aux enchères et en gros, de succursales et agences de banque privilégiées, ainsi que sur la modification ou la suppression de ces organismes ;

3°) – Sur les tarifs de douane, sur les droits de consommation, sur les tarifs de patentes et, d’une manière générale, sur toutes les taxes acquittées par le commerce dans leur circonscription ;

4°) – Sur les taxes destinées à rémunérer les services de transport qui, dans leur circonscription, sont considérées par l’autorité publique ou exécutés en régie.

Il peut être, en cas d’urgence, fixé un délai maximum de quinze jours aux Chambres intéressées pour faire connaitre les avis qui leur sont ainsi demandés.

Passé ce délai, si elles n’ont pas fait connaitre leur réponse, il sera passé outre »

Les Chambres ont le droit de transmettre aux pouvoirs publics, à titre consultatif, leurs vœux sur toute matière d’intérêt agricole ou industriel.

Elles sont spécialement appelées par le Lieutenant- Gouverneur :

◾ A grouper, coordonner, codifier les coutumes et usages locaux à caractère agricole qui servent ordinairement de base aux décisions judiciaires, les usages codifiés seront soumis à l’approbation du Lieutenant- Gouverneur en conseil privé ou d’administration, un exemplaire en sera déposé et conservé au secrétariat des mairies et aux bureaux de chaque Chef-lieu de cercle pour être donné en communication à ceux qui le requerront ;

◾ A émettre des avis sur le programme des travaux d’améliorations agricoles entrepris tant par l’Administration que par les sociétés indigènes de prévoyance.

L’arrêté général du 28 novembre 1925 établissait un double collège électoral, fixait le nombre des membres et la date des premières élections. Le siège de cette première Chambre d’Agriculture et d’Industrie était par le même arrêté général fixé dans la première ville de Côte d’Ivoire, qui était alors Grand-Bassam.

Le même texte précisait que le nombre des membres de la Chambre d’Agriculture et d’Industrie est fixé à 23, dont 14 titulaires et 9 suppléants ainsi répartis :

◾  9 Membres titulaires citoyens français ;

◾  5 Membres titulaires sujets parlant français ;

◾  6 Membres suppléants citoyens français ;

◾  3 membres suppléants sujets parlant français.

Comme pour le Collège Electoral, les conditions à remplir sont de deux ordres. C’est ainsi qu’en ce qui concerne les Citoyens Français, sont électeurs et éligibles les chefs d’exploitations françaises agricoles, industrielle, d’élevage ou forestières, ayant entrainé l’investissement permanent dans la colonie en culture, cheptel, construction et matériel d’au moins 200.000 francs. Quant aux sujets français, sont électeurs les sujets français propriétaires ruraux justifiant d’une mise en culture d’une superficie de 50 hectares minimum.

En application donc des dispositions de l’arrêté général du 28 novembre 1925, le Gouverneur LAPALLUD, par arrêté N° 221 AE du 26 février 1926, convoqua le collège Electoral pour le dimanche 28 mars 1926 afin de procéder à la Résidence de Grand-Bassam à l’élection des membres de la première Chambre d’Agriculture et d’Industrie de Côte d’Ivoire.

La première réunion des membres élus de la Chambre d’Agriculture et d’Industrie eut lieu dans l’immeuble de la Chambre de Commerce de Grand-Bassam. Elle procéda à l’élection des membres du Bureau de cette Assemblée le 15 mai 1926.

Maître Jean CLEMENT, avocat défenseur et créateur d’une plantation de cocotiers près de Grand-Bassam, fut alors élu Premier Président de la Chambre d’Agriculture et d’Industrie de Côte d’Ivoire.

En 1928, Monsieur Albert CLAA, exploitant forestier, lui succéda.

Au renouvellement de l’Assemblée du 20 mars 1930 qui, à la suite d’une contestation fut suivie des élections complémentaires le 21 septembre 1930, Monsieur Olivier REINACH, planteur, était élu Président. Il démissionne en 1933 et fut remplacé par Monsieur Henri CHARPENTIER, planteur à Gagnoa. Monsieur Jean ROSE, planteur dans l’ÏLE BOULAY, forte personnalité français de l’époque qui créa et anima un syndicat agricole de Côte d’Ivoire fut porté à la présidence par la nouvelle Assemblée élue en 1934.

Signalons que c’est au cours du mandat de Monsieur Jean ROSE, alors Président de la Chambre, que les membres de la Chambre d’Agriculture et d’Industrie, au cours de la séance plénière du 22 juillet 1934, décidèrent, avec l’accord du Gouverneur, de la construction de l’immeuble sis avenue Louis Barthe et qui fut inauguré lors de l’Assemblée Générale du 29 septembre 1935 en présence des plus hautes autorités administratives de l’époque.

C’est cet ancien immeuble à peine transformé qui abrite actuellement les bureaux de la COBAFRUIT, de la Fédération Agricole et Forestière, du Syndicat Forestier et du Syndicat des Entrepreneurs et Industriels.

Renouvelées en 1938, les élections des membres du Bureau de la Chambre d’Agriculture et d’Industrie amenèrent à la Présidence de cette Assemblée, Monsieur Albert PAYS, créateur d’une des plus importantes plantations de café et de cacao de la région de Gagnoa. Monsieur PAYS devait décéder à Abidjan en 1942.

Monsieur Roger DUBLED, Directeur de la Compagnie des Cultures de la Côte d’Ivoire, à Oumé, lui succède à la présidence, de Mai 1942 à juin 1945, date à laquelle devant rentrer en France, il démissionna.

Son successeur fut alors Pierre BONJOUR, créateur des plantations de NIEKY et le fondateur de la Fédération Bananière et Fruitière de Côte d’Ivoire devenue par la suite la Coopérative Bananière et Fruitière de la Côte d’Ivoire (COBAFRUIT) de juin 1945 à novembre 1946.

Monsieur BONJOUR devant rentrer en France pour un congé de longue durée après un séjour ininterrompu de 13 ans en Afrique Tropicale, donna sa démission.

L’Assemblée Générale de la Chambre d’Agriculture et d’Industrie, au cours de la séance du 18 octobre 1946 a élu Monsieur Raymond DESCLERCS, planteur à KOUTA(Divo), Président de la Chambre d’Agriculture et d’Industrie.

Depuis cette date, Monsieur DESCLERCS devait être constamment réélu jusqu’en 1966.

Le développement de la Côte d’Ivoire et notamment son développement agricole et les nombreux problèmes posés pendant et après la guerre ont apporté des modifications profondes dans le fonctionnement de la Chambre d’Agriculture et dans son mode de d’intervention.

Primitivement la Chambre d’Agriculture était essentiellement consultée par lettre sur les projets de textes étudiés par les services administratifs.

Peu à peu, la représentation de la Chambre d’Agriculture et d’Industrie a été instituée dans un nombre croissant d’organismes permettant d’agir efficacement en faveur des agriculteurs, mais exigeant aussi une présence très fréquente à Abidjan de son Président.

A ce jour, la Chambre d’Agriculture était représentée notamment dans les organismes suivants :

✔ Conseil d’Administration du Port d’Abidjan,

✔ Comité du Wharf de Sassandra,

✔ Conseil d’Administration du Chemin de Fer,

✔ Comité Consultatif des Transports,

 ✔ Aux Assemblées Générales de l’Energie Electrique de la Côte d’Ivoire,

✔ Conseil d’Administration de la Caisse Nationale du Crédit Agricole,

✔ Comité d’Escompte de la Caisse Nationale du Crédit Agricole,

✔ Conseil de Direction du Collège Technique d’Agriculture de Bingerville,

✔ Commission d’Expertise de la Qualité des produits,

✔ Comité National de la Recherche Scientifique,

✔ Conseil d’Administration de la SATMACI,

✔ Comité de Gestion de la Caisse de Stabilisation des Produits Agricoles,

✔ Commission des Mercuriales Douanières,

✔ Comité Technique de l’Institut des Recherches sur les Huiles et Oléagineux(I.R.H.O),

✔ Comité Technique de l’Institut des Recherches du Coton et des Textiles(I.R.C.T),

 ✔ Comité technique de l’Institut Français du Café et du Cacao(I.F.C.C),

✔ Comité Technique de l’Institut Français des Recherches Fruitières Outre-Mer(I.F.C),

✔ Comité Technique de l’Institut des Recherches sur le Caoutchouc en Afrique(I.R.C.A),

✔ Comité Technique du Centre Forestier Tropical(C.T.F.T),

✔ Comité National pour l’Alimentation,

✔ Conseil d’Administration de la Mutuelle Agricole des Régions Tropicales,

✔ Conseil d’Administration de la Fédération Agricole et Forestier,

✔ Conseil d’Administration de la Société d’Etudes pour le Développement de Côte d’Ivoire,

✔ Conseil d’Administration de la Société d’Equipements de la Côte d’Ivoire,

✔ Conseil d’Administration de la Banane,

✔ Commission Centrale des Prix,

✔ Comité d’Hygiène et de Salubrité Publique,

✔ Comité Interministériel d’Orientation Scolaire et Universitaire.

Une réforme fondamentale imposée par le temps s’avérait nécessaire, malgré les modifications apportées aux textes au cours de ces 40 années.

Réclamée à maintes reprises par la Chambre d’Agriculture et d’Industrie en raison de l’essor économique de notre pays, tant dans le domaine agricole que dans la section industrielle, cette indispensable réforme ne devait voir le jour qu’après l’Indépendance de la Côte d’Ivoire.

C’est en effet par la Loi N° 60-340 du 28 octobre 1960 que le Gouvernement Ivoirien institua les Assemblées Consulaires Représentatives des intérêts économiques en Côte d’Ivoire. La loi du 28 octobre 1960 entraîna le décret N° 63247 du 17 mai 1963 portant organisation des Chambres d’Industrie et le décret N° 6421 du 9 janvier 1964 portant organisation des Chambres d’Agriculture.

A partir de ces textes il restait alors au Président en exercice de la chambre d’Agriculture et d’Industrie, monsieur Raymond DESCLERS (Planteur à Kouta près de Divo) élu sans interruption depuis novembre 1946, de provoquer la séparation de la chambre d’Agriculture et de la Chambre d’Industrie. C’est lors d’une Assemblée Générale tenue le 15 avril 1965, sous donc la présidence de Monsieur DESCLERS, que fut élu à l’unanimité Monsieur André BLOHORN, premier Président de la Chambre d’Industrie de Côte d’Ivoire avec en Vice-Présidence Monsieur Konan Lambert.

La Chambre d’Agriculture continuait son chemin, le président DESCCLERS se retire en 1966 et à la suite des élections du 6 mars 1966, Monsieur OKA NIANGOIN fut élu au poste présidentiel; OKA NIANGOIN devint ainsi le premier président Africain de la Chambre d’Agriculture, il le restera sans interruption jusqu’à sa mort survenue à Paris le 24 juillet 1991. A partir de ces textes il restait alors au Président en exercice de la chambre d’Agriculture et d’Industrie, monsieur Raymond DESCLERS (Planteur à Kouta près de Divo) élu sans interruption depuis novembre 1946, de provoquer la séparation de la chambre d’Agriculture et de la Chambre d’Industrie. C’est lors d’une Assemblée Générale tenue le 15 avril 1965, sous donc la présidence de Monsieur DESCLERS, que fut élu à l’unanimité Monsieur André BLOHORN, premier Président de la Chambre d’Industrie de Côte d’Ivoire avec en Vice-Présidence Monsieur Konan Lambert.

La Chambre d’Agriculture continuait son chemin, le président DESCCLERS se retire en 1966 et à la suite des élections du 6 mars 1966, Monsieur OKA NIANGOIN fut élu au poste présidentiel; OKA NIANGOIN devint ainsi le premier président Africain de la Chambre d’Agriculture, il le restera sans interruption jusqu’à sa mort survenue à Paris le 24 juillet 1991.

De son côté la Chambre d’Industrie engageait sa représentation des intérêts industriels de la Côte d’Ivoire. Elle partage avec la Chambre d’Agriculture l’immeuble N° Il avenue Lamblin dont la construction a été réaliser en 1953. Lors de l’Assemblée Générale de la chambre d’Industrie tenue le 21 mai 1975, André BLOHORN fut porté à la Présidence d’Honneur et Lambert KONAN fut appelé à prendre la Présidence.

Monsieur André BLOHORN est décédé le 20 Décembre 1984, quelque mois avant son collègue et ami François MASSIEYE (+ 13 octobre 1985).

Mais l’activité consulaire se poursuit et s’étend sur toute la Côte d’Ivoire avec en particulier la création des Chambres des Métiers. Au cours du conseil des Ministres du 7 mars 1990, Monsieur Oumar Diarra, alors Ministre du Plan et de l’Industrie, a informé le conseil d’un projet de modification de la loi N° 60.340 du 28 octobre 1960 portant institution des Assemblées représentatives des intérêts de Côte d’Ivoire et création des Chambres des métiers, avec également des projets de décrets portant :

✔ Attribution et organisation des chambres des Métiers,

✔ Création et organisation du répertoire des Métiers en Côte d’Ivoire.

L’amendement de la Loi de 1960 a été porté par Loi N° 90.584 du 25 juillet 1990. Des Chambres des Métiers ont ainsi été installée à Bouaké, Korhogo, Man, Bongouanou, Odienné, Yamoussoukro.

Le 15 mai 1991, le Conseil des Ministres a adopté un décret portant restructuration de la Chambre d’Agriculture et un comité de gestion provisoire a été institué par arrêté ministériel N° 134 du 18 juin 1991.

Les principaux textes organiques de la chambre d’Agriculture devront être actualisés, amendés. Après approbation de ces textes de base par le Gouvernement, des élections pourront alors être programmées.

LES PRESIDENTS DE LA CHAMBRE D’AGRICULTURE ET D’INDUSTRIE DE LA COTE D’IVOIRE NEE DU DECRET DU 9 MARS 1925.

1926/1927………………………………………………………….… M. Jean CLEMENT

1927/1930…………………………………………………………. M. Albert CLAA

1930/1933…………………………………………………………. M. Olivier REINACH

1933/1934…………………………………………………………. M. Henri CHARPENTIER

1934/1938…………………………………………………………. M. Jean ROSE

1938/1942…………………………………………………………. M. Albert PAYS

1942/1945…………………………………………………………. M. Roger DUBLED

1945………………………………………………………………….. M. Pierre BONJOUR

1946 à 1966……………………………………………………….. M. Raymond DESCLERCS

1966 à 1991 ………………………………………………………. M. Oka NIANGON

QUELQUES REPERES HISTORIQUES SUR L’EVOLUTION DES  CHAMBRES D’AGRICULTURE DE COTE D’IVOIRE.

◾  1925 : Gaston DOUMERGUE ouvre la possibilité d’instituer les Chambres d’Agriculture et d’Industrie en Afrique Occidentale Française.    

1960 :    loi 60-340 du 28 octobre 1960,  instituant les Assemblées Consulaires  représentatives des intérêts économiques en Côte d’Ivoire.

1964 : décret N° 64-21 du 9 Janvier 1964 portant création de la Chambre d’Agriculture de Côte d’Ivoire.

Mars 1966 : Premières élections des membres de la Chambre d’Agriculture de Cote d’Ivoire (élection des membres)

1994 : le décret  N°94-146 du 17 Mars 1994 portant réorganisation des Chambres d’Agriculture tel que modifié par le décret N° 96-898 du  13 Novembre 1996.        

1994 : décret N°94-147 du 17 Mars 1994 portant régime électoral des Chambres d’Agriculture de Côte d’Ivoire (élection des membres).        

◾ 2001 : décret N° 2001-107  du 15 Février 2001 mettant fin au mandat des membres des Chambres d’Agriculture de Cote d’Ivoire et création d’un Comité de Pilotage de  Restructuration des Chambres d’Agriculture.

Schéma de l’historique de la CACI

  • INTERVIEW DU PRESIDENT DU CESEC SUITE AU PASSAGE DE LA CACI